Accompagner ses jeunes dans la transition secondaire-collégial : par où commencer?
Voilà, l’ensemble des cégeps de la province sont en période de recrutement pour la prochaine rentrée scolaire en septembre. Ce moment (tant attendu pour certains, très anxiogène pour d’autres) amène nos 5e secondaire à vivre toutes sortes d’émotions : fébrilité et anxiété incluses!
Ceci dit, j’ai envie de vous partager quelques conseils pour soutenir vos jeunes dans l’attente de leur réponse ainsi que dans cette importante transition qui commence dès maintenant.
Ne pas juger les idées
Un élève souhaite faire un diplôme d’études collégiales en danse pour ensuite aller à l’université en droit? Bien oui, c’est possible (tous les chemins mènent à Rome, comme on dit)! Très important : il faut faire attention à ne pas juger les idées d’un élève, même si pour nous celles-ci semblent complètement farfelues.
Un.e élève entre dans votre bureau et vous dit qu’il ou elle souhaite (on le voit souvent) être un.e spécialiste des jeux vidéo, en d’autres mots, un.e « gamer ». Sachez qu’il existe de solides formations dans ce domaine! Il se peut qu’un.e élève mentionne un objectif précis ou encore rêve à quelque chose qui, à première vue, semble irréel. Tout de même, il faut l’accueillir en questionnant le ou la jeune afin de valider la solidité de ses idées : Pourquoi aimerais-tu être dans ce domaine? Connais-tu quelqu’un qui fait ce métier?
En posant les bonnes questions, cette idée peut amplement faire son petit bonhomme de chemin!
Donner des informations justes
Peu importe la voie que le ou la jeune souhaite prendre, il est primordial de donner ou d’amener l’élève à acquérir des informations justes et concrètes. Lors de la transition secondaire-collégial beaucoup d’éléments sont en jeu, par exemple avoir ou non les préalables nécessaires pour accéder à un programme en particulier, changer de ville, déménager en appartement, trouver ou non un travail à temps partiel, appliquer pour les prêts et bourses, etc. Évidemment, l’inscription au cégep sera l’un des principaux sujets à aborder avec votre étudiant.e, mais plusieurs aspects ne sont pas à négliger comme la gestion du budget, la vie en appartement, son autonomie, les ressources valides qui lui seront utiles.
Difficile d’aborder tout ça en une seule rencontre, c’est pourquoi il est important de débuter la transition, et ce, avant la fin de l’année scolaire.
Créer de l’ouverture
Faire face à des élèves qui n’ont aucune idée de ce qu’ils veulent faire après le secondaire est quelque chose de très commun dans le quotidien d’un ou d’une C.O. D’un autre côté, il y a aussi ceux et celles qui ont une idée rigide de leur parcours scolaire (ne jamais sous-estimer le plan B). Bref, si jamais en tant que professeur ou membre du personnel enseignant vous ne savez pas trop comment conseiller un.e élève dans cette situation, n’hésitez pas à les référer au conseiller d’orientation de votre établissement scolaire.
Par expérience, il est plutôt rare qu’un.e élève n’ait aucune idée de ce qu’il ou elle veut faire plus tard. Peut-être n’ose-t-il/elle pas exprimer ce qui lui parle réellement? Bien souvent, la peur de faire un mauvais choix peut passer par le fait d’être incapable de faire un choix tout court.
Pour ceux et celles qui sont plus « rigides » dans leur choix, il faut les amener lentement mais sûrement à avoir un plan B en poche, surtout lorsque l’élève vise un programme où il ou elle n’a pas les préalables ou que celui-ci est très contingenté. D’ici à ce que les réponses d’acceptation des cégeps tombent dans la boîte de réception de vos étudiant.e.s, pourquoi ne pas les encourager à développer leur plan B et même C (on n’est jamais trop prudent.e). Au lieu d’angoisser sur le résultat de leur application, ils et elles peuvent canaliser leurs énergies en explorant diverses alternatives.
Aider à contrer les préjugés, même les plus tenaces
Il y a encore beaucoup de préjugés liés à la transition secondaire-collégial. L’un d’entre eux est que le ou la jeune doit absolument avoir choisi son futur métier en poussant la porte de son cégep. Bonjour la pression!
Une façon d’aider son élève pour qui son choix n’est pas tout à fait clair, c’est de l’accompagner en éliminant des options selon les domaines qui l’interpellent le plus. Un.e jeune hésite entre journaliste ou enseignant.e au primaire? Très bien, on peut aisément retirer les études collégiales en sciences pures. D’ailleurs, combien de fois entendons-nous « fais tes sciences pures pour t’ouvrir toutes les portes »?. Avant d’ouvrir ou fermer des portes, encore faut-il écouter l’élève afin de déterminer les « portes » qu’il ou elle souhaite ouvrir! Ce qui nous ramène à la quête d’une information juste et valide!
N’oublions pas que le ou la jeune a plus ou moins deux années supplémentaires, lors de ses études collégiales, pour explorer et apprendre à se connaître davantage. Les probabilités sont qu’Il y a de fortes chances que l’étudiant.e fasse son choix au cours de ses études collégiales, ou du moins, que le choix se précise.
Retenons que l’écoute, l’ouverture et le non-jugement sont de bons atouts pour soutenir vos élèves dans cette période charnière de leur parcours scolaire. Comme intervenant, vous avez en main tous les outils pour les aider dans ce cheminement. Néanmoins, plusieurs ressources sont disponibles, dont le mentorat et le support du C.O. de votre école!